Chinatowns

0 Parcours

 

Ce billet est le dernier (provisoire) de la série ethnautique; en véritable feu d’artifice, il clôt la série consacrée à l’Asie du Sud-Est et à la Mer de Chine par deux cités mondes qui nous ont bluffés, Singapour et Hong-Kong, deux Chinatowns l’une pensée, l’autre auto-organisée, de filiation Anglaises toutes deux mais au combien proches de Pékin. Bien sûr nous avons passé du temps en Malaisie, en Thaïlande, havres de tourismes et de vie facile, l’envie n’est pas forte d’en trop décrire, nous préférons rester sur nos Chinatowns…

Trois ans de routes 2013-2016, 25000 miles nautiques, bien plus qu’un tour du monde ; fini les longues navigations, une pause s’impose, il est temps d’apprendre le Japonais. Les longs billets sont en suspens, place désormais aux mini reportages photos de Japanouilleries. Pastafarisme oblige.

 

Villes monde, ordres de grandeur

01 métropoles

 

Singapour – Marina Bay Sands et Lotus musée des sciences. Le Marina Bay Sands est un hôtel de 2560 chambres. Il abrite un casino et une piscine à débordement posée sur le dernier étage, le tout sis à côté d’un immense centre commercial où se côtoient les enseignes de luxe. Il est le symbole de la démesure de Singapour mais a pour fonction d’accroître la durée moyenne de séjour touristique sur l’ile, de 2.5 à 3 jours…

Singapour – Marina Bay Sands et Lotus musée des sciences.
Le Marina Bay Sands est un hôtel de 2560 chambres. Il abrite un casino et une piscine à débordement posée sur le dernier étage, le tout sis à côté d’un immense centre commercial où se côtoient les enseignes de luxe. Il est le symbole de la démesure de Singapour mais a pour fonction d’accroître la durée moyenne de séjour touristique sur l’ile, de 2.5 à 3 jours…

 

Hong Kong – Kowloon vu du bar Ozone au 118ème étage. Objectif : faire la nique à Dubaï.

Hong Kong – Kowloon vu du bar Ozone au 118ème étage. Objectif : faire la nique à Dubaï.

 

Singapour – Gardens by the bay. Grâce au sable acheté/trafiqué en Indonésie, 23 % de la ville est bâtie sur de la terre conquise sur la mer (reclaimed land). La politique verte menée par Lee Kwon Yew -le grand jardinier- a transformé la cité en jardin. Le surnom « Red Dot » fait référence au minuscule point sur la carte du Sud-Est Asiatique que représente S’pour par opposition aux géants de l’Indonésie et de la Malaisie. Il symbolise également le contraste « communiste » face aux deux régimes musulmans.

Singapour – Gardens by the bay. Grâce au sable acheté/trafiqué en Indonésie, 23 % de la ville est bâtie sur de la terre conquise sur la mer (reclaimed land). La politique verte menée par Lee Kwon Yew -le grand jardinier- a transformé la cité en jardin. Le surnom « Red Dot » fait référence au minuscule point sur la carte du Sud-Est Asiatique que représente S’pour par opposition aux géants de l’Indonésie et de la Malaisie. Il symbolise également le contraste « communiste » face aux deux régimes musulmans.

 

Hong Kong – Skyline et Star ferry. La dernière jonque promène les touristes dans la baie.

Hong Kong – Skyline et Star ferry. La dernière jonque promène les touristes dans la baie.

 

Singapour – porte de Lune et Marina Bay Sands. L’élément rond est présent dans tous les jardins chinois. Il symbolise le passage dans un autre monde. Selon la philosophie taoïste celui qui la franchit s’intègre à l’univers.

Singapour – porte de Lune et Marina Bay Sands. L’élément rond est présent dans tous les jardins chinois. Il symbolise le passage dans un autre monde. Selon la philosophie taoïste celui qui la franchit s’intègre à l’univers.

 

Hong Kong – Temple Man Ho, Hollywood road. Le temple, un des plus vieux de Hong Kong, écrasé par les cités d’habitation se situe à mi- pente du Peak. Il rassemble les dieux de la guerre et de la littérature.

Hong Kong – Temple Man Ho, Hollywood road. Le temple, un des plus vieux de Hong Kong, écrasé par les cités d’habitation se situe à mi- pente du Peak. Il rassemble les dieux de la guerre et de la littérature.

 

Singapour – Tiong Bahru. Ce quartier, un des plus anciens projets d’habitat social a fait l’objet de réhabilitation dans les années 1970 et 1980. Les immeubles en forme de bateau abritent aujourd’hui la communauté bobo de Singapour.

Singapour – Tiong Bahru. Ce quartier, un des plus anciens projets d’habitat social a fait l’objet de réhabilitation dans les années 1970 et 1980. Les immeubles en forme de bateau abritent aujourd’hui la communauté bobo de Singapour.

 

Hong Kong – Causeway bay. Ce trou à typhon naturel coincé entre Kowloon et l’ile de Hong Kong est considéré comme le centre de la ville. Bordé de gratte ciels, il concentre les plus grands centres commerciaux et les loyers parmi les plus élevés du monde.  Sous le port, tunnels routiers et ferroviaires, un entrelacs multidimensionnel de commodités qui irrigue l’île.

Hong Kong – Causeway bay. Ce trou à typhon naturel coincé entre Kowloon et l’ile de Hong Kong est considéré comme le centre de la ville. Bordé de gratte ciels, il concentre les plus grands centres commerciaux et les loyers parmi les plus élevés du monde.  Sous le port, tunnels routiers et ferroviaires, un entrelacs multidimensionnel de commodités qui irrigue l’île.

 

Messieurs les Anglais

 

Singapour                         Il était une fois Sir Raffles…

Au Sud de Singapour, l’archipel de Riau ; les marchands Malais y avaient établi leurs comptoirs de tout temps. Au début des années 1600, les Hollandais cherchant à briser le monopole des Portugais (qui avaient piqué Malacca aux Malais en 1511) ont développé un partenariat avec le Sultan de Johor et ont commencé à implanter un comptoir au lieu-dit Singapour, un territoire marécageux où sévissait la malaria. Ils poussent leurs pions bien plus avant en créant Batavia (Jakarta) en 1618 et s’assurent, à travers la VOC, le monopole du commerce avec l’Asie via l’Indonésie et le contrôle des épices. Arrivés plus tardivement sur le terrain des compagnies à charte avec l’EIC, les Anglais se satisfont d’une partition de fait de l’Asie en deux zones d’influences, à eux la Perse et l’Inde, aux Bataves l’Asie du Sud-Est. Cette situation dure jusqu’aux guerres Napoléoniennes, les cartes sont redistribuées : aux Hollandais le monde Malais au Sud de l’équateur, aux Anglais, les territoires du Nord. L’acquisition par Rafles en 1819 de Singapour est un coup de maître : il la décrit comme la Malte de l’Orient. Rafles donne à la ville un statut de port franc, encourage les entrepreneurs Chinois à s’y installer (transbordement des jonques Chinoises) et ceux-ci supplantent rapidement les commerçants Malais. En parallèle, la ville s’impose comme acteur incontournable dans le financement des opérations de plantation (hévéa puis palme) acquérant un statut de place financière complémentaire de celui d’entrepôt.

Joyau de la Couronne Britannique, citadelle inexpugnable, Singapour tombe aux mains des Japonais en 1942. Les Anglais ont perdu la face, il en est fini de leur contrôle sur la péninsule Malaise. La transition s’organise doucement vers une fédération Malaise associant les Sultanats à la ville franche.

 

Hong Kong                      Les guerres de l’Opium…

A l’embouchure de la rivière des perles, au large de Canton. Jusqu’au 19ème siècle, la Chine est un empire refermé sur lui-même commercialement ainsi que dans le domaine de l’échange des idées et des innovations. Ceci est dû à un protectionnisme strict appliqué par la bureaucratie impériale et soutenue par une population conservatrice et fortement xénophobe.

Parallèlement, l’Europe devient « sinomaniaque », raffole des bibelots chinois (porcelaine, soie, objets laqués) et surtout s’entiche de thé. Ceci induit un déséquilibre commercial que la toute puissante EIC va chercher à combler. Autosuffisante, la Chine ne veut pas d’échanges marchandises contre marchandises mais exige de se faire payer en argent uniquement. Les Anglais contrairement aux Espagnols (Amérique du Sud) ont peu d’argent et cherchent à écouler leurs marchandises en provenance d’Inde dont l’opium. Malgré les interdictions de fumer de l’opium promulguées par l’Empereur, la contrebande s’organise, facilitée par la corruption des fonctionnaires Chinois. Le commerce de l’opium, très lucratif, finance la Royal Navy qui écrasera la puissance navale de la Dynastie Qing.

Le traité de Nankin est signé en 1842. Il force l’ouverture au commerce de 5 ports dont Shanghai et Canton, demande le paiement d’indemnités de guerre et de réparations pour les stocks d’opium détruits et enfin entérine la cession de l’ile de Hong Kong aux Anglais.  Considéré comme un des « traités inégaux » entre la Chine et les puissances d’occident, il inaugure pour la Chine un siècle d’humiliation qui s’achèvera en 1949 par la fondation de la République Populaire de Chine. Cette violation de la suprématie Chinoise fondée sur le commerce de la drogue continue à alimenter, par esprit de revanche, le désir de leadership du pouvoir actuel.

 

Singapour – China District

Singapour – China District

 

Hong Kong – Sampan en maraude dans le port d’Aberdeen situé au sud de l’ile dans un trou à cyclone. Le village flottant de jonques et de sampans, incendié le 25 décembre 1986 – 150 sampans coulés –, bordel traditionnel de la ville a été remplacé par une marina et les immeubles d’habitation ont grignoté la jungle. Quelques sampans continuent à faire taxi.

Hong Kong – Sampan en maraude dans le port d’Aberdeen situé au sud de l’ile dans un trou à cyclone. Le village flottant de jonques et de sampans, incendié le 25 décembre 1986 – 150 sampans coulés –, bordel traditionnel de la ville a été remplacé par une marina et les immeubles d’habitation ont grignoté la jungle. Quelques sampans continuent à faire taxi.

 

Tiong Barhu – Hawker center. Dans un souci d’hygiène et d’urbanisme les restaurateurs de rue Chinois, Malais ou Hindus ont été regroupés (en dépit de mouvements protestataires rapidement jugulés) au-dessus des marchés. Ceux-ci répondent à une organisation stricte où cohabitent plateaux et vaisselle Halal et non Halal (phénomène récent d’adaptation à la clientèle moyen-orientale). Le shopping et manger au restaurant constituent les principaux hobbies des Singapouriens « prisonniers » de la Cité-Etat, le sexe n’est pas à l’ordre du jour, la transition démographique est très avancée, voire blette.

Tiong Barhu – Hawker center. Dans un souci d’hygiène et d’urbanisme les restaurateurs de rue Chinois, Malais ou Hindus ont été regroupés (en dépit de mouvements protestataires rapidement jugulés) au-dessus des marchés. Ceux-ci répondent à une organisation stricte où cohabitent plateaux et vaisselle Halal et non Halal (phénomène récent d’adaptation à la clientèle moyen-orientale). Le shopping et manger au restaurant constituent les principaux hobbies des Singapouriens « prisonniers » de la Cité-Etat, le sexe n’est pas à l’ordre du jour, la transition démographique est très avancée, voire blette.

 

Hong Kong – Mac’s noodles à Wellington street. Mac’s est célèbre pour sa “Wanton noodle soup”, soupe de ravioli servie en petites portions et pour ses serveurs en livrée. Le bouillon non bu est reversé dans la marmite. Les amateurs dégustent leur soupe plutôt en fin d’après-midi, les bouillons reversés ont eu le temps de se faire culture. 

Hong Kong – Mac’s noodles à Wellington street. Mac’s est célèbre pour sa “Wanton noodle soup”, soupe de ravioli servie en petites portions et pour ses serveurs en livrée. Le bouillon non bu est reversé dans la marmite. Les amateurs dégustent leur soupe plutôt en fin d’après-midi, les bouillons reversés ont eu le temps de se faire culture.

 

Singapour – Emerald Hill. La rue constitue une enclave de maisons traditionnelles chinoises au bord d’Orchard road.

Singapour – Emerald Hill. La rue constitue une enclave de maisons traditionnelles chinoises au bord d’Orchard road.

 

Singapour – Orchard road. Cette artère qui concentre toutes les enseignes de marques de luxe est une attraction touristique majeure de Singapour.

Singapour – Orchard road. Cette artère qui concentre toutes les enseignes de marques de luxe est une attraction touristique majeure de Singapour.

 

Quel degré de « Chinicité » ?

 

Singapour                         « Speak Mandarin it’s your language »

En raison de son particularisme, une enclave chinoise en monde malais et une enclave potentiellement « communiste » en monde d’Islam, Singapour a été expulsé de la fédération malaise en 1965. Privée de ressources naturelles, la Cité Etat a bâti son succès en une génération sur le commerce, le service et le capital humain.  Le peuplement continue de faire l’objet d’une planification minutieuse destinée à préserver la suprématie de l’ethnie chinoise. Au dernier recensement, 74 % des résidents sont d’origine Chinoise, 13 % d’origine Malaise, 9% d’origine Indienne et 4 % d’autres origines. L’anglais est communément parlé par tous.

Le taux de fertilité est un des plus bas au monde. Pour assurer le renouvellement de la population et ainsi la productivité nécessaire au maintien de la ville parmi les premiers rangs mondiaux (hub de transport et financier, raffinage et trading pétrolier, indice de développement humain, pénétration de la téléphonie mobile, sécurité, qualité de vie…), l’immigration choisie est encouragée par le gouvernement. La population de 5.5 millions de personnes comprend 70 % de citoyens et résidents permanents, et 30% de travailleurs étrangers et d’étudiants. Le mélange de capitalisme et de servitude a pour conséquence un niveau d’inégalité de revenus parmi les plus élevés au monde.

La richesse de Singapour est la conjonction de 3 éléments : la position géographique qui facilite la logistique du transport maritime international, le libre-échange instauré par les Anglais et confirmé par un demi-siècle d’économie planifiée et l’esprit d’entreprise Chinois.

Coincée entre l’Indonésie et la Malaisie, Singapour est idéologiquement plus proche de la Chine. Mais sur le plan diplomatique, la Cité-Etat entretient avec son grand-frère une neutralité prudente et nuancée tout en préservant les relations avec les Etats-Unis. Cette position d’équi-proximité avec les 2 géants reste ambiguë, il est clair qu’en cas de conflit, le soutien de la population ne peut aller qu’à la Chine. Sur le plan économique, les principaux partenaires sont dans l’ordre la Malaisie, la Chine et les Etats Unis perçus comme un contre-pouvoir à la Chine.

Apres l’indépendance, la plus grande crainte est l’invasion par la Malaisie.

Pour limiter sa vulnérabilité Singapour décide de se doter d’une force militaire performante et se rapproche d’Israël qui présente les mêmes caractéristiques d’isolement en monde musulman. Ces derniers conçoivent les forces de défense et inspirent le système de conscription et de réserve. Israël est le plus gros fournisseur d’armes.

En parallèle, Singapour conduit une épuration radicale des communistes, véritable chiffon rouge agité au nez des monothéismes radicaux environnants, tout en en conservant les structures organisationnelles (commissariat au plan,  polit bureau, contrôle par les pairs).

 

Hong Kong                       On y colle les pavés

Le 1er juillet 1997, la location à 99 ans de Kowloon et des Nouveaux Territoires s’achève. Les Anglais agréent également de rétrocéder l’île de Hong Kong ; par application du principe ‘Un pays, Deux systèmes’, Hong Kong devient une Région Administrative Spéciale autorisée à conserver son économie de marché, sa monnaie, son système légal indépendant, sa force de police, sa politique douanière et d’immigration et obtient la garantie d’un haut degré d’autonomie pendant 50 ans.

La population est composée à 91% de résidents d’origine Chinoise et la langue majoritaire est le Cantonais. L’immigration récente de plus de 45 000 chinois par an en provenance de Mainland China contribue largement à la croissance de la population. A celui-ci s’ajoute un flux croissant de touristes chinois de métropole. En raison de différences culturelles et linguistiques marquées, ces mouvements de population accroissent les tensions entre les résidents de Hong Kong et ceux de la Chine Continentale accusés de comportement irrespectueux.

Les résidents de Hong Kong tiennent à préserver leur statut privilégié. Le projet non abouti de Pékin de proposer un suffrage universel indirect pour la désignation du chef de l’Exécutif (choix de candidats patriotes agréés par Pékin) déclenche en 2014 des manifestations et un mouvement de désobéissance civile initié par les étudiants, appelé Révolution des Parapluies. Bien que le mouvement de protestation se soit rapidement essoufflé, il a montré l’obsession de Pékin de toute différence de conscience politique afférant à l’emprise sur le destin individuel, social et collectif face à la mainmise du Parti compromis avec les milieux financiers.

Port ouvert situé à l’embouchure de la rivière des Perles, Hong Kong a été pendant des décennies l’unique point d’import/export de la Chine.

Trafic d’opium et transport de coolies se trouvent à l’origine de bien des fortunes de la colonie. Hong Kong assurait cependant des activités commerciales plus respectables d’entreposage. Plus récemment, c’est l’apposition de l’étiquette « made in Hong Kong » sur les biens de grande consommation produits par les ateliers de Canton et l’enlèvement des marchandises hors taxes par cargos qui ont consolidé sa richesse.

La politique d’ouverture de la Chine menée par Deng Xiaoping dans les années 1980 a promu l’émergence de Shanghai comme premier port du monde et première place financière d’Asie provoquant le déclin de Hong Kong. La rétrocession du territoire par les Anglais a accéléré le processus, Pékin assurant une vigilance appuyée sur la majorité des flux. La ville est devenue le point de concentration où les enseignes de marques de luxe se battent pour conquérir les millionnaires Chinois et où les banques facilitent la conversion des renminbis en dollars ou en euros. La capacité d’enrichissement est toujours présente, les idéaux quant à eux sont en voie de normalisation… les forces de Police collent les pavés au mastic avant chaque manifestation.

 

Singapour – Pharmacie traditionnelle, au fond, trépang ou holothurie séchée.  La médecine traditionnelle prête au concombre de mer des vertus permettant de soigner l’anémie, l’impuissance et d’augmenter la longévité en nourrissant l’énergie vitale au même titre que l’aileron de requins ou la soupe de nids d’oiseaux. Très prisé en gastronomie, l’aileron de requin au même titre que les accessoires de luxe symbolise la richesse, la puissance et le prestige. Le prix est d’environ 400 usd/kg et le bol de soupe (30g) est commercialisé entre 15 et 150 usd, ce qui en fait un des produits de pêche les plus chers au monde. Le marché mondial représente 15 000 tonnes et est alimenté par des pêcheurs de plus de 100 pays.

Singapour – Pharmacie traditionnelle, au fond, trépang ou holothurie séchée.  La médecine traditionnelle prête au concombre de mer des vertus permettant de soigner l’anémie, l’impuissance et d’augmenter la longévité en nourrissant l’énergie vitale au même titre que l’aileron de requins ou la soupe de nids d’oiseaux. Très prisé en gastronomie, l’aileron de requin tout comme les accessoires de luxe symbolise la richesse, la puissance et le prestige. Le prix est d’environ 400 usd/kg et le bol de soupe (30g) est commercialisé entre 15 et 150 usd, ce qui en fait un des produits de pêche les plus chers au monde. Le marché mondial représente 15 000 tonnes et est alimenté par des pêcheurs de plus de 100 pays.

 

Singapour – Temple de la relique de la dent d’or du Buddha.

Singapour – Temple de la relique de la dent d’or du Buddha.

 

Hong Kong – Temple Man Ho

Hong Kong – Temple Man Ho

 

Hong Kong - Temple de Tin Hau, la déesse de la mer à Aberdeen

Hong Kong – Temple de Tin Hau, la déesse de la mer à Aberdeen

 

Singapour – Bruce Lee. Caractérisé par des démonstrations d’arts martiaux et des scènes d’action spectaculaires, le cinéma de Hong Kong a rapidement atteint une notoriété internationale et s’est facilement exporté à Hollywood. Pêle-mêle : les acteurs Jackie Chan, Chow Yun Fat, Maggie Chueung, Tony Leung, Jet Li, les cinéastes John Woo et Wong Kar-Wai.

Singapour – Bruce Lee. Caractérisé par des démonstrations d’arts martiaux et des scènes d’action spectaculaires, le cinéma de Hong Kong a rapidement atteint une notoriété internationale et s’est facilement exporté à Hollywood. Pêle-mêle : les acteurs Jackie Chan, Chow Yun Fat, Maggie Chueung, Tony Leung, Jet Li, les cinéastes John Woo et Wong Kar-Wai.

 

Hong Kong – A bord d’un sampan à Aberdeen

Hong Kong – A bord d’un sampan à Aberdeen

 

Hong Kong – Jumbo floating restaurant à Aberdeen

Hong Kong – Jumbo floating restaurant à Aberdeen

 

Hong Kong – Chungking mansion à Kowloon. Chungking Mansions est considéré comme le quartier africain de Hong Kong. Le complexe abrite environ 4000 résidents, des restaurants de curry, des magasins de sari, des agents de change, des vendeurs de mobile et près de 2000 chambres éclatées en guesthouses aux tarifs les plus bas de la ville (20 usd).

Hong Kong – Chungking mansion à Kowloon. Chungking Mansions est considéré comme le quartier africain de Hong Kong. Le complexe abrite environ 4000 résidents, des restaurants de curry, des magasins de sari, des agents de change, des vendeurs de mobile et près de 2000 chambres éclatées en guesthouses aux tarifs les plus bas de la ville (20 usd).

 

Singapour – Little India

Singapour – Little India

 

Singapour – Tekka market in Little India. Pour favoriser l’intégration des communautés, toutes les instructions officielles sont traduites en 4 langues : anglais, chinois, malaise et sanscrit. En 2013, un accident mortel impliquant un bus, a déclenché la première émeute à Singapour depuis 40 ans. Cet évènement a attiré l’attention sur les conditions de vie des travailleurs immigrés, les inégalités de revenus et les tensions entre les différentes communautés. Depuis ce jour la consommation d’alcool dans Little India, les jours de congés est interdite.

Singapour – Tekka market in Little India. Pour favoriser l’intégration des communautés, toutes les instructions officielles sont traduites en 4 langues : anglais, chinois, malaise et sanscrit. En 2013, un accident mortel impliquant un bus, a déclenché la première émeute à Singapour depuis 40 ans. Cet évènement a attiré l’attention sur les conditions de vie des travailleurs immigrés, les inégalités de revenus et les tensions entre les différentes communautés. Depuis ce jour la consommation d’alcool dans Little India, les jours de congés est interdite.

 


Un gout prononcé pour l’esclavage l’exploitation

Singapour est le pays développé où l’écart de salaire qualifié/non qualifié est le plus élevé, de 1 à 10 par opposition à 1 à 5 en Europe. La disponibilité de main d’œuvre peu qualifiée et abondante en est la principale raison : dans les domaines de la construction rivalisent Indonésiens, Bengalis, Tamouls, etc qui sont sous contrat temporaire à des tarifs défiant toute concurrence ; hâves, épuisés, on les voit transiter sur les plates formes (non climatisées) des camions au petit jour ou à la nuit tombée entre le lieu de travail, et les lieux d’hébergement. A l’issue du contrat, le visa temporaire expire, ils traversent le pont vers Johor Bahru pour attendre un éventuel nouveau contrat, l’intermédiaire qui touche le salaire ne va quand même pas leur payer un billet d’avion pour le pays ! Côté domesticité, c’est du pareil au même, les « helpers » (celles qui aident) sont attachées à une famille, nourries, logées (le plus souvent dans la pièce obscure qui tient lieu de refuge anti bombe), payées dans les 300€ par mois via des intermédiaires qui ont financé leur billet d’avion et doivent se faire rembourser… c’est toujours mieux que les 80€ par mois de revenu moyen au pays…

Chirico: "helper" aux délicieux chérubins

Francisco de Goya: “helper” aux délicieux chérubins – Musée du Prado

MAIS Singapour a une vision structurée de la chose et via un subtil mécanisme de levier (“levy”) pilote sa population de travailleurs immigrés ; ceux-ci sont classifiés en « foreign talent », des gens qui ont des compétences, recherchés et encouragés à résider et « foreign workers », de la main d’œuvre qui ne pourra, au mieux, que rester deux ans et pour laquelle le gouvernement lève un impôt (par exemple 200 S$ pour un salaire de 450 S$) … de quoi financer bien des infrastructures.

Sur une population totale de 5.5 millions d’habitants, on compte 1.5 millions de non-résidents (soit 28%) dont travailleurs étrangers :

  • 300 000 « foreign talents »… ceux que l’on veut bien
  • 950 000 « foreign workers »… ceux que l’on tolère (dont 250 000 « helpers »)

 

Hong-Kong, du pareil au même, 336 000 « helpers » pour une population de 7 million d’habitants ; 1/3 de ces « helpers » sont payées moins de 150€ par mois pour 70 heures de présence minimale…  Indonésie, Philippines, Thaïlande, Inde, Sri Lanka, Népal et Birmanie fournissent la majeure partie du contingent.  Côté labeur pénible, c’est plus simple, le Cantonnais fait l’affaire, de plus il parle la langue….

Tout ceci est peut-être à remettre dans un contexte global d’abolition de l’esclavage de 1830 à 1870; sur la même période, quasi 2 millions de Chinois ont été exportés via Hong Kong … le « Coolie Trade » pour la construction de San Francisco ou la voie de chemin de fer Est-Ouest aux Etats Unis.

La plupart des compagnies assurant le transport étaient occidentales tandis que les sociétés secrètes se chargeaient du recrutement, difficile d’émettre un jugement moral sur le présent sans se souvenir du passé.

 

Hong Kong – publicité pour une agence de recrutement d’employées de maison indonésiennes ou philippines

Hong Kong – publicité pour une agence de recrutement d’employées de maison indonésiennes ou philippines

 

Hong Kong – Dimanche après-midi sur le parvis, ombragé, du siège de HSBC, les bonnes Philippines se retrouvent pour festoyer et soigner le mal du pays.

Hong Kong – Dimanche après-midi sur le parvis, ombragé, du siège de HSBC, les bonnes Philippines se retrouvent pour festoyer et soigner le mal du pays.

 

 

Prévoir le futur est incertain surtout lorsque cela concerne l’avenir……

 

Singapour – Gardens by the Bay Structures artificielles, arbres du futur.

Singapour – Gardens by the Bay
Structures artificielles, arbres du futur.

 

Singapour                         Terminus

 Le décès du père fondateur Lee Kuan Yew a précédé de quelques mois la date anniversaire des 50 ans de la création de l’Etat de Singapour. Lors des cérémonies officielles un siège vide orné d’une orchidée est présent pour celui, qui en une génération, a transformé un territoire du Tiers Monde en ville d’hyper technologie.

Ce succès est largement dû à la vision de celui qui a conservé le pouvoir pendant plus de 3 décennies. Blessé de l’exclusion par la fédération malaise, il n’a eu de cesse de prouver la validité de son modèle basé sur une économie et une organisation de la société minutieusement planifiées et la libre entreprise en dépit d’un fort interventionnisme d’Etat dans tous les secteurs stratégiques.

La Cité dépendante de ses voisins pour tous les approvisionnements de première nécessité et très vulnérable à l’économie globale présente la sécurité, la stabilité et l’absence de corruption perçue comme principaux atouts. Tout en préservant les intérêts de la communauté sur le long terme fondés sur des principes de méritocratie et de multiculturalisme, il s’agit de démontrer l’efficacité (« CAN »).

Le totalitarisme mis en place : contrôle des médias, absence totale de promotion de l’art, interdiction de manifester (demande déposée au-delà d’un rassemblement de plus de 5 personnes), application de châtiments corporels (bastonnade) et existence de la peine de mort se trouvent à postériori justifié par l’atteinte de l’objectif. A l’époque du Grand Schisme (1414) l’évêque de Verdun s’exprimait ainsi: « lorsque son existence est menacée, l’Eglise est dispensée des commandements de la morale. L’unité comme but sanctifie tous les moyens, l’astuce, la traîtrise, la violence, la simonie, l’emprisonnement et la mort. Car tout ordre existe pour les fins de la communauté et l’individu doit être sacrifié au bien général ». Lee Kuan Yew avait bien appris sa leçon…

Par l’application d’algorithmes scientifiques permettant la prédiction du futur en termes probabilistes (psycho-histoire), Hari Seldon, personnage mythique de la série Fondation écrite par Isaac Asimov au siècle dernier, annonce la chute imminente de l’Empire Galactique et fonde sur Terminus une communauté de scientifiques dont la mission officielle est de compiler toute la connaissance avant que celle-ci ne disparaisse.

Il s’avère en réalité que cette Fondation a pour objet principal d’œuvrer à la diminution des temps d’obscurantisme et ainsi hâter la résurgence d’un nouvel Empire.

Il pourrait être tentant de jouer à repérer quelques similitudes entre fiction et réalité, entre Hari Seldon et Lee Kuan Yew, Fondation et Singapour, deux villes laboratoires, convoitées par leurs voisins, soumises à de fortes pressions de survie, le dos au mur, toutes deux contraintes d’inventer des réponses originales..

Den Xiaoping, nouvel homme fort de l’Empire, ne s’y trompa pas, rendant visite à Singapour dès 1978, juste avant de réorienter la politique Chinoise vers l’ouverture au marché « peu importe que le chat soit noir ou blanc tant qu’il attrape des souris ».

 

Hong Kong                      « Ten Years »

C’est le titre du film qui a gagné les honneurs de la Soirée des Hong Kong Film Awards (HKFA) en Avril 2016, un projet encourageant les citoyens à penser au futur de la ville ; y est dressé un tableau politique et social de Hong Kong en 2025, une dystopie en cinq volets qui a rencontré un énorme succès et s’est attirée les foudres des autorités chinoises…

Le film a fait les gros titres du « Global Times » (环球时报) » à Pékin, le quotidien porte-parole du Parti Communiste l’a qualifié d’absurde et de pessimiste. Les médias continentaux n’ont fait aucune mention de la récompense du film quand ils ont donné la liste des vainqueurs. Contrairement aux autres années, les chaînes de télévision chinoises avaient renoncé à diffuser la cérémonie.

10 ans, c’est le temps écoulé depuis la rétrocession et le fameux « un pays deux systèmes ». Forte de sa puissance retrouvée, la République Populaire de Chine commence à montrer ses muscles à Hong Kong comme partout ailleurs en Mer de Chine, en matière économique tout comme de super-calculateurs.

Pour Pékin, Hong Kong est une ville pervertie, création artificielle d’un envahisseur honnis. L’ADN de la ville est entaché de lourdes tares congénitales, indépendance, liberté, démocratie, il n’est d’autre possibilité que de diluer les mauvais gênes dans un flux de normalité d’où la politique migratoire de Pékin, d’où la pression à  parler Mandarin et non plus Cantonnais etc….

Dans le cadre de la rétrocession, Pékin avait finalement levé la main de « Walled City », la Citadelle.

Citadelle de Kowloon 1989

Citadelle de Kowloon 1989

Située à Kowloon, poste  militaire historique, la Citadelle demeure une enclave Chinoise en territoire Britannique après la location des Nouveaux Territoires en 1898 pour 99 ans. Possession formelle de Pékin au cœur de Hong Kong, la Citadelle n’a pas de statut juridique clair ; occupant Hong Kong en 1942, les Japonais rasent les murs qui l’entourent pour étendre la piste de l’aéroport, les Anglais reprennent la ville mais ne peuvent en rien changer le statut de la Citadelle, épine dans le pied de la Couronne… un véritable supplice Chinois. La densité de population y grimpe à 2 Millions d’habitants au km2 (40 000 habitants dans un rectangle de 100 x 200m)….

Dès la rétrocession agrée en 1984 sous l’impulsion de Deng Xiaoping, la Chine accepte que les Anglais nettoient le coin et relogent les habitants de Mordor. Hong Kong devient une ville propre, la mariée sera belle.

 

Une salle des marchés ? Non… un des trois étages du Casino du Marina Bay Sand…

Une salle des marchés ?
Non… un des trois étages du Casino du Marina Bay Sand…

 

 

Avec nos meilleures pensées, Santé et Sobriété,

Stéphanie / Christophe

Amami o shima – Japon

26 Juin 2016

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2 thoughts on “Chinatowns

  1. 300 000 « foreign talents »… ceux que l’on veut bien
    950 000 « foreign workers »… ceux que l’on tolère (dont 250 000 « helpers »)
    Imaginons que vous cherchiez à travailler vous feriez partie des foreign talents bien sûr? Quelles sont les professions ou talents recherchés ?
    A bientôt, avec toute mon admiration, bises

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