To Go or To Bago, that is the question

Quelques mots rapides et nos meilleurs vœux pour cette année 2014, qu’elle vous apporte joie et douceur de vivre.

Vendredi 27 décembre 2013 tombée du jour, sommes mouillés par 20 mètres de fond à Man of War Bay –Charlotteville – Tobago 11°N19.8 – 60°W33.4.

Man of War Bay

Man of War Bay

Charlotteville

Charlotteville

Que d'eau, que d'eau

Que d’eau, que d’eau

Ca y est, on l’a fait ! On a traversé l’Atlantique !

L’arbitrage du départ ayant été contraint par la présence intrusive du vendredi 13 dans le planning (pas vraiment superstitieux, mais enfin d’aucun ont entendu parler du pari de Pascal), amarres larguées le jeudi 12, 14h. La navigation s’est effectuée sur quinze jours (et 6 heures pour être précis), un total de 2 300 miles parcourus pour une route optimale (orthodromie) de 2  100nm soit 200 nm de trop (bords de largue pour suivre le vent ou bien fuite lorsque la brafougne montait). Cette navigation pourrait être qualifiée de velue compte tenu des conditions avec une rafale ayant tiltée les 51 noeuds mais surtout des vents moyens aux alentours de 30 nœuds et de la grosse zoule. En bref, pas pour les petites filles.

Route Yo!  12-27 Décembre 2013

Route Yo! 12-27 Décembre 2013

Des ciels magnifiques, des grains magistraux, des trombes d’eaux, des baleines etc… et même le père Noël qui nous rendit visite, nous sommes prêts à recommencer.

Environ 1000 voiliers traversent tous les ans, soit 5000 personnes (proxy d’un équipage moyen), sur une durée de vie « utile » de 20 à 70 ans, cela représente 50 ans d’opportunités pour un individu d’où une estimation du nombre de transateux de 250 à 300 000 dans la population Européenne – 0.1% de la population, un club très fermé (Nicolas aurait même dit à Carla que celui qui, a 50 ans, n’a pas fait la transat est….)

Ce post intermédiaire (le révérend Tom ainsi que le Cap Vert sont pour Janvier, si, si promis) afin de présenter en avant-première dans le cadre de notre Chaire d’Ethnologie Nautique, les premiers résultats relatifs à la fin du mythe de la Transat :

1 – En Atlantique, il y a toujours du vent. FAUX.

Nous avons assisté à Mindelo au détour de nombre d’équipages du rally de l’Arc épuisés et écœurés, à sec de gasoil et de bière après une semaine de pétole noire pour venir des Canaries. La palme revenant à un catamaran qui a chargé avant de partir aux Antilles 4 énormes futs de 220 litres de gasoil sur la plage arrière. En fait l’anticyclone des Açores est allé se faire une virée dans la zone rouge de Hamburg pendant quinze jours fin Novembre d’où la panique sur les régimes de vent généralement bien établis.

2 – Les alizés du Père Noel, cléments, s’établissent en décembre aux alentours de force 5 à 6. FAUX.

Notre traversée s’est effectué  force 7 et rafales à 8.

3 – Pendant la Transat on a le temps de lire, réfléchir, regarder les étoiles. FAUX.

Nous, équipage réduit, nous n’avons pas eu une minute. L’emploi du temps de la première semaine s’est résumé au 3B : Bouffe/Barre/Banette.

4 – La Transat, c’est l’occasion de s’initier ou se perfectionner à la navigation astronomique. FAUX.

Comment fait-on pour faire descendre le soleil sur l’horizon dans des creux de 3 à 4 mètres ?

5 – Au petit matin on trouve des poissons volants partout sur le pont. FAUX.

Nous en avons ramassé très peu. Il faut dire que, compte tenu des creux et du vent, les pauvres bêtes peinaient à décoller, s’écrasant lamentablement (produisant de délicats « plouic ») sur la coque avant même que de parvenir à franchir le franc-bord. Par contre, nous avons failli ramasser  une baleine magistrale d’une dizaine de mètres, aïe, aïe,  en fait cette dernière est venue sauter à plusieurs reprises à la verticale devant nous, un spectacle magique.

6 – Il est recommandé de ne pas charger de régime de bananes, car elles murissent toutes en même temps. FAUX.

Notre avitaillement en comportait une douzaine. Elles n’ont jamais muries. Peut-être avons-nous été trop rapides ?

4 Avit

7 – Pendant la Transat, la ration protéique est assurée par la pêche de daurades coryphènes que l’on est assuré d’attraper. FAUX.

Nous n’avons eu aucune envie de mettre une ligne ; compte tenu de l’état de la mer il aurait été impossible de remonter la bête.

8 – Pendant la Transat, on ne rencontre jamais personne. La nuit on peut mettre le pilote et aller se coucher. FAUX.

Nous nous sommes trouvés en route de collision avec un cargo et avons dû nous dérouter. Nous avons proposé par radio une bouteille de vin français à un navire militaire Américain qui a poliment refusé et observé un sous-marin venu faire surface le soir de Noël.

5 Big ship

9 – Comme Samantha Davies, on barre en maillot de bain et comme dans la pub OBAO, on se douche sous les grains. FAUX.

6 Grain 1

Pendant des jours nous n’avons pas quitté les cirés et pendant quatre heures de suite à enchainer les grains, franchement on est suffisamment rincés.  Au passage, il est bon de noter que nous avons expérimenté une typologie particulière de grain (par rapport à la terminologie conventionnelle de précipitant ou non précipitant), les maléfiques : il s’agit en l’occurrence d’un grain très large, sec, et lourd, le vent vire de 90° dans un sens ou l’autre en forcissant de 10/15 noeuds avant de tomber à zéro (laissant une mer croisée) puis de revenir subitement lorsqu’on commence enfin à se dire que c’est fini… et hop cela repart pour un tour…  irritant.

7 Grain 2

10 – On a beaucoup aimé. On s’est régalé. VRAI.

Avec nos meilleures pensées, Santé et Sobriété,

Stéphanie / Christophe

Charlotteville – Tobago

30 Décembre 2013

www.yodyssey.com

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