TransPac

Yo ! et Salish seawolf dans le port de Victoria – Ile de Vancouver
(Salish Seawolf : Loup de la mer de Salish, mer locale)

 

Nixit means Nixit, cela rappelle quelque chose à l’observateur attentif des mœurs de nos cousins grand bretons ;  si l’on mesure l’ampleur de leur tâche à l’aune de notre expérience, ils ne sont pas sortis de l’auberge…

Nous oui !

Départ de Mito Mikawa  le 3 juin 2017, nos amis insistaient pour que l’on reste encore un peu sous de fallacieux prétextes de mauvais temps ; cela faisait dix jours qu’ils nous accueillaient dans leur marina et comme un vent de fiesta avait emporté les week-ends, encore, encore.

Effet du hasard ou planification magistrale, la sortie du Japon s’effectue le jour anniversaire de l’entrée, preuve éclatante du dessein intelligent pour certains, supériorité du Pastafarisme pour d’autres, ramen.

41 jours de mer dans des conditions Dantesques, Ubuesques ou Croquignolesques c’est selon, pour finalement embouquer le détroit de Juan de Fuca  et atterrir dans la capitale de la BBC (Beautiful British Columbia), Victoria la bien nommée, un 14 Juillet, belle occasion de porter haut les couleurs nationales.

La descente sur Panama via les USA, Mexique, etc… est entrecoupée de stops ethnologiques et ne constitue pas une longue navigation en tant que telle.

Les « Longues routes pacifiques »  sont finies, [téléchargeable (pdf) ici : Yodyssey – Tome 5 – Longues routes pacifiques 2014-2017], recueil  magique qui s’adresse aux marins initiés, à ceux que le lent balancement de la houle berce des jours durant, à ceux que la mer forte et, bien sûr, croisée, emporte en fuite vers des ailleurs rêvés ou redoutés, à ceux qui estiment n’être jamais à plus de 5 miles de la côte (en vertical s’entend au plus profond des grandes fosses océaniques), à ceux qui connurent ou imaginent le lent dérèglement des sens causés par l’accumulation de roulis, de tangage, de fatigue, de privations, à ceux que n’effraient pas ces moments fugaces où la raison vacille, où les mots prennent vie pour nourrir les idées, où l’on commence à douter de sa propre santé mentale.

Il s’adresse également à tous les autres, terriens curieux, qui se demandent ce que cela représente d’être plusieurs semaines durant sur une coque de noix, voguant au grès des vents sur l’immensité de l’océan.

 

Un florilège extrait de la Goyava (Nagoya/Vancouver) suit ci-après si le temps presse.


La route du Japon au Canada est la plus longue (41 jours de mer) que nous ayons eu la chance de parcourir. La plupart des bateaux qui quittent le Japon passent d’ile en ile à partir d’Hokkaido, les Aléoutiennes puis descendent le long de l’Inner Channel en Alaska. 

Nous avons fait un choix différent pour plusieurs raisons :

  • Nous n’avons aucune appétence pour les navigations polaires (40knts de vent ou moteur), ni pour rester enfermés au mouillage à écouter les glaciers craquer sous un ciel sombre.
  • La route dite Great Circle n’est plus courte que de 350 nautic mile.
  • En restant Sud, nous bénéficions des vents portant des systèmes frontaux dépressionnaires.

 

Ceci étant, les conditions météo  rendent la navigation complexe et passionnante.

La traversée du Pacifique Nord ne peut s’envisager qu’au début de l’été, alors que la saison des typhons n’a pas encore commencé au Japon, que la genèse des systèmes dépressionnaire sur la Russie Orientale est bien établie et que l’Anticyclone est suffisamment remonté pour dévier les dépressions au Nord vers le golfe d’Alaska.

 

La partie de la route qui consiste à quitter les cotes japonaises le long du 35°N jusqu’au 165°E est la plus difficile en raison des coups de vent brutaux perturbés par l’archipel Nippon qui occasionnent de nombreux détours, font vent contre gros courant.

La deuxième partie, courte conduit à remonter en diagonale jusqu’au 40/45°N et la ligne de changement de date pour aller prendre les trains dépressionnaires, ce sur fond de brouillard à couper au couteau.

La troisième partie revient à surfer sur les queues de dépressions -une petite dizaine sur la période- tout en longeant la marge anticyclonique dont l’extension brutale est  synonyme d’absence de vent sur des centaines de miles.

Enfin, elle conduit à naviguer sur des eaux aussi froides que 7°C.

 

Mascaret dans le détroit de Fuca

 


Lundi 05 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / 17h locale Japon)

Position : 32°N 44 – 141°E 30

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h): 103 nm / Restant : 4384 nm

Kuro Shio : une des fonctions du courant noir -en fait il est bleu outremer- est qu’il transporte les larves de Todorades Pacificus ou seiche du Pacifique qui éclosent le long des côtes japonaises et que les autochtones pêchent abondamment (la dégustation vivante est un mets très raffiné avec lequel les natifs se régalent d’embarrasser les gaijins bégueules. En ce qui nous concerne, les photos de préparation de “délice des dames” suivi d’une explication sournoise de la provenance desdits délices permettent de remettre les choses en perspective. Un partout, balle au centre).

 

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Mercredi 07 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / 18h locale)

Position : 32°N 14 – 143°E 02

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 50 nm / Restant : 4316 nm

Depuis notre départ, le Captain observe l’aube de plus en plus précoce ; on commençait au petit matin à pouvoir discerner un fil blanc d’un fil noir (sans pour autant, malheuleusement, blisel le jeune du lamadan – tladition japonaise) dès 3h15, c’est dire !

Le jour se lève à l’heure d’aller se coucher, c’est pas normal, on se croirait Place Blanche.

Et donc depuis que la brafougne #2 s’est calmée, le Captain compute, suppute et finalement répute (non, non, il ne s’agit pas de remplacer les cirés de rigueur par des bas résille et des déshabillés vaporeux) que aujourd’hui est le jour putatif du premier grand chambardement horaire: à 17h il sera localement 18h; dont actes, les puttis baguenaudent dans les toiles du Botticelli, nos cytoplasmes en frémissent du putamen, les putiers nous lâchent leurs grappes, le réchauffement climatique est imputée à pas de chance et 550 députés peut-être dépités se présentent aux burnes (euh, non aux urnes) car leur réputation commence à être mise à mal (ceci étant, ils ont encore de la marge, suffit de voir le Donald qui, depuis qu’il grabe les pussies, ne sait plus s’il doit swinguer ou putter, pôv Mélanie….)

 

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Jeudi 08 juin 2017 – 7h UTC (9h Paris / 17h locale)

Position : 32°N 55 – 145°E 26

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h): nm 128 / Restant : 4188 nm

L’Abomination Pacificus Japonicus est méconnue car peu de marins l’ont parcouru ; elle s’étend à l’Est du Japon central (30 à 40° nord) sur une distance de 600 miles vers l’Est. Sa fonction première est d’empêcher les Japonais d’aller embêter les Américains, Dieu s’étant rendu compte que ces derniers étaient plus gentils et puis, ils ont inventé l’iPhone (Pentateuque XII, 1-9).

 

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Samedi 10 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / 18h locale)

Position : 34°N 19 – 150°E 28

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 132 nm / Restant : 3905 nm

 

Et le 7ème jour, le seigneur vit que cela était bon alors il se reposa et se fit un café.

[Il s’agit d’une pratique introduite dans le Panthéon divin par Thor, le Dieu Scandinave ; ce dernier, lors de visites ethnologiques en ce bas monde avait eu l’occasion d’étudier les avancées sociales à La Poste et s’en inspira, car Thor est facteur…mmmh ?]

 

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Jeudi 15 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / 19h locale)

Position : 33°N 44 – 160°E 29

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 93 nm / Restant : 3458 nm

 

Ce soir on sort.

Petit matin Ouest Nord-Ouest, partiellement ensoleillé, aprem pétole, un albatros se régalait de frôler l’eau de la pointe de son aile, tranquilles peinards, accoudés au comptoir…

Mais ce n’était pas une soirée genre Clos des Fées, rêveurs sous les platanes qui nous attendait.

19h : Est 15-20 kts, la mer lève -mise à la cape en attendant que ça rotationne et premières gouttes de pluie. Inutile de descendre plus au Sud, même si le Sud toujours en été on voudrait que ça dure un million d’années… et tout ça et tout ça. Nous, têtus, on vise de l’Est.

Minuit : le système frontal rentre brutalement. Gentleman, le Captain a beau dire ” Dry Martini Milady, stirred, not shaken.”, c’est parti pour le shaker : Est Sud-Est, Sud Est, Sud, 35 kts, pluie abondante, mer croisée du fait de ces rotations multiples.

2h : les bars ferment, direction After sous trinquette 3ris. “Je vous en remets un ?”. “Sans trop d’eau. Et, sans glace s’il vous plait ». C’est déjà ça.

6h : SW 6/7. Le sol tangue. Va falloir songer à rentrer à la maison. Tiens vers l’Est finalement. Heureusement le bateau connait la route tout seul.

C’est pas tout, demain on bosse.

 

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Vendredi 16 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / 19h locale)

Position : 33°N 53 – 163°E 20

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 136 nm / Restant: 3352 nm

 

Aujourd’hui : le HOG

Le circumnavigateur Japonais est un Japonais qui a fait le tour du Japon à la voile (enfin le vrai Japon quoi, pas l’archipel d’Okinawa, c’est chez les Chinois) ; nos premières rencontres avec des circumnavigateurs ont été émaillées de quiproquos :

– alors le canal de Panama ?

– euh….

– tu as aimé la Polynésie ?

– euh….

– ah bon, c’était donc le passage du Nord-Ouest ?

– …..

– ???

– ben oui, j’ai fait le tour de Hokkaido, Honshu, Shikoku, Kyushu. Je suis un circumnavigateur Japonais.

 

Nous en avons déduit que dans la psyché locale le Japon constitue l’intégralité du monde connu (ou bien digne d’être connu) et donc un œcoumène local, ceux qui en font le tour sont donc des circumnavigateurs. CQFD.

 

Notre ami Kakihara-san est un circumnavigateur Japonais, il nous aime bien, adore le bien boire et le bien manger. Un jour que nous devisions gaiement, nous en vinrent à parler de navigation vers Hokkaido (grande île du Nord) et là, dans son sabir habituel un tantinet alcoolisé, Kakihara-san nous met en garde avec beaucoup de véhémence au sujet du “hog”, et le “hog” par-ci, et le “hog” par-là et qu’il faut être très prudent etc…

Le Captain et la Skipette se regardent, écarquillent les yeux, le “hog” ? Dans nos esprits défilent les bêtes mythologiques, orc, méduse, pnume, dirdir, cyclope, depardiou mais aucun ne semble correspondre. Le ton grave, Kakihara-san précise, “pendant des jours et des jours, partout du hog” et zoup, encore un verre derrière la cravate. Notre incompréhension croît. On insiste, les explications défilent et soudain, fiat lux, le “fog”, pas le “hog”, le brouillard ; juste que le “fo” n’existe pas dans le syllabaire Japonais, le “fu” oui comme dans Fukuoka ou dans Fuck mais le “fo” non ; encore une particularité.

 

Détente adabiatique

 

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Mardi 20 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / 20h locale)

Position : 37°N 07 – 172°E 10

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 99 nm / Restant: 2852 nm

 

Que la montagne est belle…

Mais elle nous emmerde genre cailloux dans la chaussure ou bien, alors que retentit l’appel des Alpages, cette petite voix qui susurre à l’oreille “tu ne devrais pas avaler tout ce Nutella”…

Oui, on imagine le Pacifique, 4000m de profondeur en moyenne, la moitié de la superficie mouillée de la planète à lui tout seul, tant en superficie qu’en volume, une grande baignoire remplie d’eau, de l’eau….

Et bien surprise, nous sommes par 36°N-172°E et il n’y a que 300 mètres de fond, autant dire qu’on est quasi à pied sec, que les tentacules des pieuvres facétieuses s’introduisent subrepticement la nuit dans les bannettes (l’équipage en témoigne), que la canopée des forêts de kelp caressent les bouchains de “Yo!” et que l’on pourrait mouiller l’ancre (en raboutant nos deux chaînes).

Drôle d’idée d’ancrer en plein milieu d’ici avec rien autour à perte de vue, c’est dire si c’est pas grand-chose. Pour certains, le sentiment de Dieu s’impose comme une évidence en ces moment-là, une preuve par l’épreuve en quelque sorte, pour d’autres c’est la pleine conscience qu’il n’est pas possible d’aller acheter un paquet de clops au bureau de tabac juste comme ça.

Toujours est-il que ces montagnes sous-marines s’inscrivent dans le prolongement de l’arc Hawaïen (on entend l’ukulélé le soir dans le gréement, la lune, les vahinés en ombre chinoise dans la grand-voile…) et qu’elles mettent la panique dans l’écoulement du courant Nord Pacifique qui nous accompagnait jusqu’à présent de son nœud horaire, hommage océanique à Rocco Sifredi.

On espère bien avoir passé le sommet ce soir, pouvoir redescendre dès demain matin vers notre plancher des vaches à nous, 6000m sous la surface et éliminer ce foutu mal d’altitude.

La mer est un peu cafouilleuse ce jour, notre esprit aussi.

Tout va bien à bord, on raccroche le piolet. Demain le baromètre baisse, dépression n°4 en approche.

 

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Samedi 24 juin 2017 – 8h UTC (10h Paris / vendredi 23 juin 2017 – 20h locale)

Position : 41°N 18 – 179°W 16

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h): 137 nm / Restant: 2393 nm

 

Aujourd’hui, toute la journée, nous avons eu le choix dans la date, et oui !!!

Vrai de vrai, nous naviguons actuellement dans le Sud du Pacifique Nord, venant de l’Extrême Orient par l’Ouest, après avoir traversée le bassin Nord-Ouest, nous faisons route Nord-Est en direction de Vancouver tout à l’Est du bassin du Pacifique Nord-Est.

Ce jour 24 juin 2017, vers 14h heure locale (UTC +12 soit 2hUTC) nous étions par 179°E59, naviguant plein Est lorsque la ligne fut franchie…

Tagada !! 179°E59…180°Est=180°Ouest…179°O59…179°O58… etc… et du coup, nous qui étions à l’Est nous sommes retrouvés à l’Ouest, de quoi perdre le Nord.

 

Jusque-là tout va bien, mais la ligne est aussi celle du changement de date, c’est là qu’il faut du doigté. Pourtant, les lignes, on aime plutôt, la poudre bien blanche, le billet de 200 roros roulé fin, l’inspiration, mmmhhh mais bon faut pas rêver, quand même pas en plein milieu du Pacifique Nord, déjà que côté inspiration, ça fait trois semaines que les lecteurs sont tenus en haleine…

Reprenons à la ligne : ce 24 juin 2017 vers 14h heure locale (UTC+12 soit 2hUTC), nous nous sommes retrouvés hier, en effet subitement UTC +12 c’est fini, vive UTC-12 !!!

Ce bon vieux samedi 24 juin 2017 14h locale (UTC+12) qui correspondait au 24 juin 2017 2h UTC devient donc vendredi 23 juin 2017 14h locale (UTC-12) ; on est devenu hier quasi instantanément, Phileas Fogg n’a qu’à bien se tenir.

Du coup, on ne sait pas s’il faut recommencer depuis hier matin, la toilette, la vaisselle, le déjeuner, etc… ou bien si la journée présente est blanche, auquel cas on peut faire ce qu’il nous plaît, plaît, plaît, cinq heure du mat, j’ai des frissons, etc… en tout cas, vu que c’est Shabbath, on va peut-être organiser quelque chose de spécial, d’un autre côté, si on est vraiment hier, il faut aller faire la prière vers la Mecque. Ce serait intéressant d’avoir l’avis d’un Rabbin et d’un Iman sur le sujet et pourquoi pas d’un Prêtre, il suffit de se mettre à la cape et Dimanche deviendra Samedi. Aussi, le problème est global ; [on notera que seul des grands monothéismes, le Pastafarisme apporte une réponse sensée : il n’y a aucun problème à manger des pâtes plusieurs fois par jour, hier, comme aujourd’hui, comme demain, ramen].

 

Jim Morrisson chantait “Love me two times, one for today and one for tomorrow” mais nous, c’est dans l’autre sens, enfin manière de parler car il ne s’agit pas de discuter ici de pratiques tantriques ; “love me yesterday” ça ressemble à un hit des Beatles pourtant ce n’est pas trop notre style. D’ailleurs, on se voit mal guincher au baloche en susurrant : “aimes moi hier pour aujourd’hui”. En première approximation, on peut imaginer le regard vide, le QI proche d’une moule puis le côté embarrassé (comment vais-je pouvoir me dépêtrer de cet abruti), quoique lorsqu’on à la curiosité de lire les paroles de Johnny, ce n’est guère plus brillant et pourtant tout le monde l’aime, à croire que ses paroliers ont délibérément visé le segment de marché “QI de la moule” et que ça a fonctionné au vu du nombre de disques vendus.

 

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Jeudi 6 juillet 2017 – 8h UTC (10h Paris / mercredi 5 juillet 2017 – 23h locale)

Position : 47°N 29 – 147°W 35

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 130 nm / Restant : 971 nm

 

Mille milliards de mille sabords,

mille excuses,

mais sans vous mettre au trente-six mille dessous,

on vous le donne en plein dans le mille,

il nous reste moins de mille miles à faire.

 

Ce n’est pas un conte des mille et une nuits,

non plus vingt mille lieues sous les mers,

mais plus tech que le bug de l’an 2000,

plus home cinéma que Cecil B de Mille,

il nous reste moins de mille miles à faire.

 

Des milles et une manières de faire,

sans tout casser en mille morceaux,

sans qu’il en coute des mille et des cents,

la plus originale de jouer au mille bornes,

il nous reste moins de mille miles à faire.

 

L’haleine de la baleine

 


Lundi 10 juillet 2017 – 8h UTC (10h Paris / lundi 10 juillet 2017 – 0h locale)

Position : 48°N 27 – 137°W 3

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 143 nm / Restant : 573 nm

 

En ce dernier dimanche de l’avent, nous nous recueillons, mes frères et sœurs, sur l’apprêt de l’arrivée. Jouez hautbois, résonnez musettes, revêtons habits de fête, pour célébrer le mystère de l’atterrissage.

Il est écrit dans le livre  “c’est en lavant avant que l’on est prêt après” et nous avons besoin de toutes nos facultés d’introspection pour comprendre le sens profond de la révélation.

Oui, en vérité, je vous le dis, mes frères, sœurs, cousins, cousines, c’est le sixième dimanche de l’avent ; l’hexa, ce chiffre exceptionnel, divin, la demi somme du nombre des apôtres, le nombre de tribus d’Israël retournant de visite chez Nabuchodonosor, le nombre de faces d’un cube parfait, le double-six qui rafle la mise sur la table (euh…).

Oui, six dimanches que vogue au grès des vents le frêle esquif de nos amisssionnaires (que nous saluons bien fort en mondovision) partis vers de lointains rivages prédicater l’indigène ; et la septième semaine, ils se reposèrent. Le sept, chaud sept, ce n’est pas comme le six, chaud six (de Toulouse), les deux sont en odeur de sainteté différentes, le Ying et le Yang de la narine, l’Alpha et l’Oméga des senteurs éthérées, le commencement et la fin qui fusionnent, ô mystère des mystères, dans le trois en un, car il n’y avait rien et un jour il y eût, big bang : « bang, bang, he shot me down ».

Les exégèses classiques, mes frères et sœurs, cousin et cousines, oncles et tantes, parents et enfants, Roux et Combaluzier, Dolce et Gabbana, les exégèses donc, démontrent l’invariance du prédicat aux permutations : en effet, “c’est en lavant après que l’on est prêt avant” renseigne sur la temporalité et montre, encore une fois, la glorieuse attention de notre tout puissant à l’hygiène, mais encore “c’est après un lavement que l’on est prêt à temps”, à nouveau, époustouflant de prescience. Ce n’est plus du dessein intelligent, c’est du nettoyage industriel !!!

Mes frères, mes sœurs et les autres qui sont bien gentils mais trop nombreux pour être nommés ici, c’est dans la joie et l’amour que nous allons nous retourner vers notre prochain et le saluer afin que ce dernier dimanche de l’avent soit un moment de partage et de communion. A partir de là, tout est à l’avenant… comme la poire.

Tout ça pour dire qu’il pleut des trombes, la dépression Singha (997hPa) est de passage dans le coin, ce n’est pas un temps à mettre un marin dehors, du coup on a fait l’homélie au lit.

 

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Jeudi 13 juillet 2017 – 8h UTC (10h Paris / jeudi 13 juillet 2017 – 0h locale)

Position : 48 N 45 – 127 W 34

Distance au but (utile) depuis le dernier point (24h) : 111 nm / Restant: 175 nm

 

Dans l’espace, c’est sûr, nul ne vous entend crier.

Dans le Pacifique Nord non plus.

 

C’est avec une bouteille frondée sur le pont d’un cargo que Moitessier a annoncé lors du Golden Globe Challenge (1ère édition en 1968 de ce qui deviendra le Vendée Globe : le tour du monde à la voile en solitaire sans escale et sans assistance par les 3 caps Bonne Espérance, Horn et Leeuwin) qu’il renonçait à rentrer à Plymouth alors qu’il était en tête, pour repartir à Tahiti et ainsi “sauver son âme”.

Tabarly ne communiquait jamais. Vainqueur de la transat en solitaire en 1976, il demanda en arrivant combien de bateaux le précédait, il ne savait pas que Pen Duick VI était le premier.

Dans les années 80, les bateaux étaient équipés de radios BLU (Bande Latérale Unique) et tout le monde pouvait entendre les conversations des autres, même celles des membres d’équipage des cargos qui appelaient leurs familles. En course, les marins communiquaient avec le PC lors de vacations où chacun devait attendre son tour pour parler.

Aujourd’hui, malgré les efforts des organisateurs du Vendée Globe pour en faire un évènement médiatique et tenir le public en haleine, il est difficile de convaincre les marins de se raconter afin d’intéresser les “people”. Par esprit de course, ils préservent le secret de leurs avaries, de leurs coups de grisou ou bobos. En dépit des moyens mis à leur disposition (satellite comme nous mais autre budget), ils ne racontent que le minimum, par pudeur mais aussi parce ce qu’il n’y a rien à dire.

 

Comment raconter la contemplation des horizons, la  monotonie et en même temps l’infini variété de nuances de bleu ou de gris, de formes de houle et de vagues, la tension permanente à la moindre variation de direction ou de force du vent, l’effroi à l’écoute des vibrations des haubans lorsque ça piaule et que ça gronde, la crainte que quelque chose casse à tout moment, la lassitude qui s’installe avec la privation de sommeil, la rigueur qu’il faut avoir pour déchiffrer un environnement complexe, perpétuellement changeant, le rayon vert juste au coucher du soleil, la lumière particulière de la lune qui projette des ombres inquiétantes juste avant l’aube qui tarde toujours à arriver, le réconfort apporté par des étoiles minuscules lors de quarts glaciaux mais aussi le bonheur d’être juste là où on doit être, la joie et la folie de se sentir roi du monde, en toute humilité au cœur, libre.

 

Tout ceci n’appartient qu’aux gens de mer.

La solitude et l’isolement font partie de l’aventure.

 

En mer, il est plus facile de communiquer avec Dieu quel qu’il soit, ou avec des fantômes, ou soi-même qu’avec ses semblables dont les crispations, agitations et vagissements qui nous parviennent paraissent mesquines et dérisoires.

Pourtant le lien du PointNav que nous avons maintenu avec obstination et abnégation pendant 40 jours a rythmé nos journées – en moyenne 2 à 3 heures par jour : échanges autour du choix du sujet, rédaction, relecture, envoi, attente d’une réponse ou d’un commentaire, et a sans doute contribué à préserver notre santé mentale, évitant ainsi de personnifier les éléments inanimés ou non qui nous entourent et de dialoguer avec eux.

Le délire tapi sur la jupe arrière ou les passes-avant guette, comme Moitessier racontant que c’est le capitaine d’un galion espagnol qui a tenu la barre de Joshua au plus fort de la tempête ou Desjoyaux qui en arrivant aux Sables d’Olonne en 2002 conversait avec les ours qui se trouvaient dans sa grand-voile.

Le Cleach on ne sait pas, c’est une machine. Quant au farfadet Thomson, il fait déjà partie de la légende…

 

Dans ce contexte, vous pardonnerez nos abus de langage.

 

Tout va bien à bord. Dans quelques heures, on met un mouchoir sur notre agoraphobie. Nous nous apprêtons à subir l’assaut des fans et groupies.

 

Stéphanie / Christophe

Makah Tribe Reserve – Neah Bay – Washington State – USA – 23 septembre 2017

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Une p’tite ligne

1 Loh Buaya 6

 

Le 29 octobre 2015, « Yo! » franchit la ligne Wallace qui marque la fin du Pacifique et du monde Mélanésien.

Une frontière invisible traverse l’Indonésie. Ni politique, ni militaire, c’est une ligne océanographique, zoologique, biologique et culturelle. Empruntant le détroit de Macassar et le détroit de Lombok, elle coupe l’Indonésie en deux, Est/Ouest, et porte le nom du naturaliste Anglais qui le premier (1855)  a constaté une discontinuité géographique dans la composition de la faune entre Bornéo et Sulawesi (détroit de Macassar) et Bali et Lombok (détroit de Lombok). A l’Ouest Bornéo, Sumatra, Java et Bali sont occupées par des espèces végétales et animales venues d’Asie (éléphants, tigres, lémuriens, orang-outang). A l’Est, Sulawesi, Lombok, Flores, Irian Java, on trouve des marsupiaux et cacatoès bien plus typiques de l’Australie et la Papouasie Nouvelle Guinée. D’un point de vue géologique, cette ligne a été formée il y a 150 millions d’années et correspond aux bordures des plateaux continentaux Sunda et Sahul. Elle suit la ligne des 200 mètres de profondeur et induit la même frontière zoologique pour les espèces marines.

Du détroit de Lombok (120° Est) et des Galápagos (90° Ouest), Wallace et Darwin eurent simultanément, au milieu du 19ème siècle, la même intuition, il en découla la Théorie de l’évolution.

La ligne Wallace marque également la fracture culturelle de l’Indonésie : à l’Est le monde Mélanésien de culture tribale encore forte qui peuple les NTT : Nusa Tenggara Timur (East Nusa Tenggara) aussi appelées  Nusa Tertinggal Terus (les iles perpétuellement négligées) et à l’Ouest le monde Javanais qui a imposé une culture musulmane forte annihilant tout culture préexistante, sauf à Bali.

C’est pour nous, après l’expérience de la traversée dans la totalité de sa longueur de l’océan Pacifique (10 000 nm), l’étrave sur l’équateur, l’occasion de reparler de problèmes de robinets et de baignoires, de faire dialoguer le Grand Charles (voir post : Galapaglop) avec Gromiko (Wallace) et de confronter la vision minimaliste et critique de la science par l’Islam, le délicieux, « rendons grâce à Allah qui fait que cet avion vole».

 

Le Courant Nord-Sud Indonésien – The Indonesian Through Flow (ITF)

2 ITF Wallace

 

Les mers de l’archipel Indonésien sont le lieu de transfert des eaux de l’Océan Pacifique vers l’Océan Indien. Ce fort courant Nord-Sud provoqué par des différences de température, de salinité, de densité et de hauteurs d’eau induit des eaux très poissonneuses, une biodiversité impressionnante (4000 espèces répertoriées contre 1000 en Mer Rouge et 400 aux Caraïbes),  des conditions de plongée sportives mais passionnantes et des conditions de navigation de type curling au bord des marmites surprenantes.

Au Nord-Ouest de l’Archipel, le niveau des eaux de l’Océan Pacifique est 15 centimètres au-dessus de la moyenne alors qu’au Sud le niveau des eaux de l’Océan Indien est de 15 centimètres au-dessous de la moyenne. Il en résulte un écart de 30 centimètres, causé par les alizés et les courants. Après avoir parcouru la totalité du Pacifique l’eau vient s’accumuler dans sa partie Ouest. Elle va donc chercher à s’écouler à travers la myriade d’iles qui s’étirent entre Bali et Timor provoquant des courants parmi les plus violents de la planète.

Le débit total d’eau salée est estimé à 15 Sverdrups   [unité de mesure des débits océaniques donnée en l’honneur de l’océanographe Harald Sverdrup. 1 Sverdrup =  106 m³/s ou 0,001 km³/s. Pour comparaison, le Gulf Stream transporte environ 30 Sv le long des côtes de Floride et 100 Sv vers les 60°W. Le courant à Gibraltar : 1 Sv. Le courant circumpolaire antarctique dans le passage de Drake : 130 Sv]

 

 

Navigation dans le détroit de Lombok  (25 nm), il s’agit du passage le plus direct des eaux du Pacifique s’échappant vers l’Océan Indien.

Navigation dans le détroit de Lombok  (25 nm), il s’agit du passage le plus direct des eaux du Pacifique s’échappant vers l’Océan Indien.

 

 

Sud de Rinca. Alors qu’il essaie de s’écouler, l’ITF est bloqué et détourné par la géographie et la topographie sous-marine complexe de l’archipel aux 17 000 iles. La profondeur à l’entrée du détroit de Lombok est de 1500 mètres. Elle s’élève à 400 mètres au centre à l’endroit le plus étroit (« What a squeeze !») avant de retomber à 1500 mètres, puis 3000 et enfin 6000 mètres dans l’Océan Indien Sud.

Sud de Rinca.
Alors qu’il essaie de s’écouler, l’ITF est bloqué et détourné par la géographie et la topographie sous-marine complexe de l’archipel aux 17 000 iles. La profondeur à l’entrée du détroit de Lombok est de 1500 mètres. Elle s’élève à 400 mètres au centre à l’endroit le plus étroit (« What a squeeze !») avant de retomber à 1500 mètres, puis 3000 et enfin 6000 mètres dans l’Océan Indien Sud.

 

Le Gunung Rinjani à Lombok.

Le Gunung Rinjani à Lombok. A l’ITF qui subit l’impact de la mousson de Sud Est -au plus fort (juillet, Aout, Septembre), le courant peut atteindre 8 knts –s’ajoutent des phénomènes d’upwelling le long des iles cônes volcaniques.

 

Very very wild diving at Gili Trawagan (Gili T pour les fêtards). Le détroit de Lombok est bordé au Nord par l’archipel des Gili et au Sud par l’ile de Nusa Penida où s’amusent « Current junkies » et « Wicked divers » dans les eaux froides (20°) des résurgences.

Very very wild diving at Gili Trawagan (Gili T pour les fêtards). Le détroit de Lombok est bordé au Nord par l’archipel des Gili et au Sud par l’ile de Nusa Penida où s’amusent « Current junkies » et « Wicked divers » dans les eaux froides (20°) des résurgences.

 

Les mers d’Indonésie constituent le seul bassin tropical de connexion entre les océans Pacifique et Indien. Il est appelé Continent Maritime par les climatologues car la présence de milliers d’îles limite le transport méridien de chaleur par les courants, c’est donc via l’atmosphère que va s’évacuer l’excédent d’énergie tout comme pour les bassins d’Amazonie et du Congo : ces trois blocs équatoriaux sont les trois sources principales de convection profonde (dont il résulte production d’ozone – éclairs – transport d’énergie vers les 30° Nord ou Sud par les cellules atmosphériques de Hadley). Ne seraient ces transferts massifs de chaleur de l’équateur vers les latitudes tempérées, ces dernières seraient invivables.

En ce qui concerne le transport océanique d’énergie de l’équateur vers les hautes latitudes, l’ITF transporte une grande quantité d’eau chaude dans l’Océan Indien, puis l’océan Atlantique par le courant des Aiguilles à la pointe Sud de l’Afrique.  Les phénomènes d’upwelling provoquent une diminution de la température de l’eau qui influe significativement sur les échanges de chaleur air/mer, donc le niveau de précipitation et les systèmes de vent à la fois de l’Océan Pacifique et Indien.

 

Les montagnes célestes des pentes du Gunung Rinjani.

Les montagnes célestes des pentes du Gunung Rinjani.

 

Gili Gede à la pointe Sud-Ouest de Lombok.

Gili Gede à la pointe Sud-Ouest de Lombok.

 

L’ITF assure également une autre fonction : celle de mixer l’eau de surface et l’eau profonde en raison de sa force et  l’accélération provoquée par la bathymétrie complexe de l’archipel. Alors que les eaux tropicales sont habituellement très pauvres, les eaux indonésiennes sont parmi les eaux les plus poissonneuses de la planète. En passant le long de Raja Ampat, Halmahera et North Sulawesi, l’ITF entraine une multitude d’œufs, larves et planctons. Les phénomènes d’upwelling font remonter à la surface les détritus et matières en décomposition, sources de phosphore et d’azote, éléments de nourriture des constituants de base de la chaine alimentaire marine. Ces phénomènes d’explosion de phytoplancton étaient la cause de la traversée fantasmagorique de la mer de Banda –phosphorescente et blanche- en août.

 

En bref, une fabuleuse machine…

 

De l’océanographie et zoologie à la fracture culturelle

Par-delà le règne animal et végétal, les types raciaux humains sont dissimilaires de chaque côté de la ligne Wallace, mais il n’est pas de bon ton de le mentionner, surtout lorsque des politiques d’épuration ethnique sont à l’œuvre comme en Irian Java.

Par contre, cette ligne imaginaire trace également une ligne de démarcation culturelle : à l’Est le monde mélanésien, le plus souvent à l’écart du développement et aux pratiques animistes intégrées superficiellement à l’Islam, à l’Ouest le monde Javanais qui exerce le pouvoir sur l’intégralité de l’archipel, à la limite de l’application de la Sharia.

La seule exception est Bali, l’enclave Bouddhiste tolérée car transformée en point de contact pivot avec le reste du monde. Les activités de Tourisme et d’Import-Export y sont particulièrement développées avec leur apport de devises, mais cela ne suffit plus à calmer l’appétit de l’ogre corrompu : de l’autre côté du détroit, l’ile de  Lombok est majoritairement Musulmane mais pour tenter d’offrir une soupape à Bali saturée, les autorités ont déterminé que le tourisme y serait désormais concentré sur l’archipel des Gili au Nord, où tous les débordements (alcool, sexe, drogue) sont tolérés. On trouve donc sur toutes les brochures Gili Trawagan, l’excessive, Gili Air en développement et Gili Meno qui tente de préserver son authenticité.

Medana bay – Lombok. Pirogue de pêche reconvertie en transport de bouteilles d’eau pour les touristes des Gili.

Medana bay – Lombok.
Pirogue de pêche reconvertie en transport de bouteilles d’eau pour les touristes des Gili.

 

Livraison de matériel pour compétition de Beer-Pong, occupation préférée des jeunes touristes de Gili T.

Livraison de matériel pour compétition de Beer-Pong, occupation préférée des jeunes touristes de Gili T.

 

Débarquement de sacs de ciment à Gili T, utilisés pour l’agrandissement de la mosquée et la construction de nouveaux resorts qui ceinturent déjà l’ile.

Débarquement de sacs de ciment à Gili T, utilisés pour l’agrandissement de la mosquée et la construction de nouveaux resorts qui ceinturent déjà l’ile.

 

Touristes Javanais à Gili T. …

Touristes Javanais à Gili T. …

 

Expression 1 de la fracture culturelle. … A quelques mètres des femmes portent des plaques de plâtre sur la tête.

Expression 1 de la fracture culturelle.
… A quelques mètres des femmes portent des plaques de plâtre sur la tête.

 

Expression 2 de la fracture culturelle. …Touristes blancs et débraillés attendant la navette.

Expression 2 de la fracture culturelle.
…Touristes blancs et débraillés attendant la navette.

 

Batu Bolong. Un des seuls temples hindous qui reste sur l’ile de Lombok.

Batu Bolong. Un des seuls temples hindous qui reste sur l’ile de Lombok.

 

Toujours sur la ligne blanche

C’est lors d’un accès de fièvre due à la malaria, qu’Alfred Russel Wallace alors dans l’archipel des Moluques élabora sa théorie de l’évolution : un principe de sélection naturelle qui implique une mutation progressive à partir d’un ancêtre commun, faisant que celui qui est le mieux adapté à son environnement, survit. Suite à cette « révélation » basée sur ses observations d’entomologiste, il envoya un document à Darwin qui du coup se précipita à publier son essai « De l’origine des espèces » dont il avait entamé la rédaction 20 ans auparavant.

Varan de Komodo. Prédateur vorace endémique des iles de Komodo et Rinca. On suppose qu’il doit sa survie au fait que son habitat se site sur des iles inatteignables jusqu’à ce que le JiangDong (moteur in-board chinois) n’équipe toutes les pirogues, puis qu’il soit déclaré Espèce en danger [Animal à écailles, il est haram (interdit) mais ses œufs sont halal (autorisé) ; d’aucuns s’étonneront de l’inconséquence]. 

Varan de Komodo.
Prédateur vorace endémique des iles de Komodo et Rinca. On suppose qu’il doit sa survie au fait que son habitat se site sur des iles inatteignables jusqu’à ce que le JiangDong (moteur in-board chinois) n’équipe toutes les pirogues, puis qu’il soit déclaré Espèce en danger [Animal à écailles, il est haram (interdit) mais ses œufs sont halal (autorisé) ; d’aucuns s’étonneront de l’inconséquence].

 

Je ne mange qu’une fois par mois. J’attaque et mords mes proies (buffles, biches…), puis attends qu’elles s’écroulent sous l’effet de la pourriture de la morsure. A la saison des pluies, je ponds des œufs dans des trous qui seront noyés. Je me poste devant eux et attends que ma portée éclose. Affamé, je n’hésite pas à manger les petits à leur naissance. Les petits dragons ne doivent leur survie qu’au fait que j’oublie dans quel trou j’ai déposé ma ponte.  

Je ne mange qu’une fois par mois. J’attaque et mords mes proies (buffles, biches…), puis attends qu’elles s’écroulent sous l’effet de la pourriture de la morsure. A la saison des pluies, je ponds des œufs dans des trous qui seront noyés. Je me poste devant eux et attends que ma portée éclose. Affamé, je n’hésite pas à manger les petits à leur naissance. Les petits dragons ne doivent leur survie qu’au fait que j’oublie dans quel trou j’ai déposé ma ponte.

 

On s’est parfois posé la question de savoir si Darwin n’avait pas piqué sa théorie à Wallace récupérant ainsi toute la notoriété. Les deux théories présentent toutefois quelques nuances. Pour Darwin, la compétition entre les individus est le principal moteur de la sélection et de l’évolution les poussant à survivre et se reproduire. Pour Wallace, les pressions environnementales forcent les individus à s’adapter introduisant une différenciation entre les espèces.

Wallace fut un fervent défenseur de Darwin. Audacieux, il proposa dès 1864, d’inclure l’homme dans la théorie de l’évolution. Cette hypothèse de filiation de l’homme avec les grands singes, remettait en cause les principes éthiques et religieux alors que le principe d’un Dieu créateur était communément admis ; en fait Wallace attribuait tous les traits des organismes vivant à l’application du principe de sélection naturelle… sauf un : le cerveau humain d’inspiration divine ; la chose lui montant à la tête, il se discrédita en se convertissant peu de temps après au spiritisme. Alors qu’il les avait initialement écartées, Darwin reprend prudemment ces idées en 1871 dans la « Filiation de l’Homme ».

Enfin, il est saisissant de remarquer qu’un autre ardent défenseur de Charles Darwin est Thomas Henry Huxley surnommé le « bulldog » de Darwin et inventeur par provocation du mot Agnosticisme qui désigne l’impossibilité de connaitre ce qui dépasse l’expérience.

 

L’hérésie du doute et la démarche scientifique

 

Les cousins méditatifs du Gunnung Rinjani 

Les cousins méditatifs du Gunnung Rinjani

 

L’Agnosticisme, aussi appelée pensée de l’interrogation, résulte selon Huxley de l’application de la démarche scientifique qui consiste à ne retenir que ce qui peut être démontré.

Elle est appliquée en particulier à la question de l’existence de Dieu. A la différence des croyants qui considèrent cette existence comme probable ou certaine, ou des athées qui l’estiment improbable ou impossible, les agnostiques refusent de trancher car il n’existe pas de preuve définitive en faveur de l’existence ou inexistence du divin. Malgré les avancées de la science qui tend à relativiser la place de l’homme dans l’univers, aucun élément n’est venu renforcer l’hypothèse de la genèse ou de l’ingérence d’un (des) Dieu(x) dans les affaires humaines. La Révélation se soustrait à l’analyse scientifique.

Par suite, les agnostiques n’accordent aucune valeur sacrée aux religions et à leurs institutions. Les religions ne sont vues que comme instruments de pouvoir ou constructions sociales qui ont pour fonction historique d’assurer la cohésion et l’ordre social.

 

Inutile de dire que les grandes religions monothéistes n’ont que peu d’appétence pour de telles démarches agnostiques et c’est avec une grande jubilation que nous les observons se tortiller avec maladresse en vue d’essayer de récupérer les bénéfices de la pensée scientifique sans en tirer toutes les conséquences.

 

Trois grandes religions monothéistes (Chrétienté, Islam et Pastafarism) vont  ainsi être passées rapidement au crible de l’histoire de la raison (sans rentrer, faute de place, dans les détails propres à chaque secte au sein de la famille, les aficionados nous pardonneront), de même que sera précisée leur position vis-à-vis de la théorie de l’évolution , la ligne Wallace en sera témoin.

 

Chrétienté

 

 19 medana bay 2

 

Une brève introduction

 

Les Chrétiens ont choisi la difficulté, le Père, le Fils, l’Esprit Saint : trois égale un, de leur propre avis, il s’agit d’un mystère. Très bien ; nous avons essayé à multiples reprises, sous diverses latitudes, de répliquer ce mystère (reproductibilité, répétabilité sont les mamelles des plans d’expérience) sans grand succès hormis dans le souk avec des offres commerciales du style trois pour le prix d’un (même Bison Futé que l’on ne peut taxer de partialité insiste : un verre ça va, trois « bonjour les dégâts »). On en est resté là. Les systèmes de numération étaient pourtant déjà bien maitrisés autour de l’an 30… pour les profanes, Eudoxe avait posé l’existence des nombres irrationnels 400 ans avant JC, c’est tout dire.

 

En un second temps, le Dieu sous-jacent est défini comme omnipotent (peut tout faire) et omniscient (sait tout). En matière de logique formelle (ah le bon vieux Aristote), les deux sont incompatibles : si Dieu est omniscient, il sait déjà comment il va intervenir pour changer le cours de l’histoire en utilisant sa toute puissance. Cela implique qu’il ne peut pas changer d’avis, et qu’il n’est donc pas omnipotent, à moins qu’il ne sache pas comment il va intervenir… et c’est l’omniscience qui est en cause… joli fatras…

 

 

Chrétienté et science

 

Après une longue période d’obscurantisme que la Renaissance fit voler en éclat, l’Europe, base arrière de la Chrétienté, attaqua sa révolution urbaine. L’accumulation de richesses initiée avec le pillage des autres parties du monde par les croisades se trouve amplifiée jusqu’à l’orgie par la découverte des Amériques (récompense Divine) et la mise à sac de l’Afrique ; les savants, artistes, penseurs s’affranchissent des canons de l’Eglise, la sécularisation de l’Etat est enclenchée, et pour les bâtisseurs d’Empire, la Science avec son cortège d’avancées technologiques, est bien plus un atout qu’un handicap. Les uns et les autres transigent, aux religieux la conquête des âmes, aux autres la conquête de l’Ouest.

 

Mais la messe n’est pas dite pour autant car dans la droite ligne de la négation de Copernic et Galilée (il a fallu attendre Jean-Paul II  en 1992 pour que ce dernier soit partiellement réhabilité), pour nombre de Chrétiens, le créationnisme (et ses avatars d’« intelligent design ») a tout autant droit de cité que la théorie de l’évolution, au point qu’un temps d’enseignement similaire lui soit alloué dans certaines universités.

 

Il est vrai qu’en matière de biologie, la Chrétienté a encore du chemin à faire ; on a du mal à saisir la subtilité de sectes qui refusent, sans raison, aux femmes et transsexuels l’accès à certaines fonctions dévolues à des hommes habillés en femme, étrange.

 

Enchaînant avec un peu de légèreté tout en introduisant les trouvailles des cousins sémites : le Dieu des Chrétiens maîtrise la transmutation de l’eau en vin, en cela, oui, oui, il s’agit bien d’un Sauveur. Pour l’Islam, il est un simple prophète dans la lignée de Moïse ; son successeur à la Mecque s’essaya à la même transmutation, sans succès, dégouté il décida d’interdire l’alcool… regardons cela de plus près….

 

 

 

Islam

20 Chili

 

 

 

Une brève introduction

 

Islam : « soumission de plein gré à la volonté de Dieu », tout commença vers 610 après JC dans le désert, lorsque Muhammad faisant retraite près de la Mecque, eut des visions et fût invité à réciter les textes que ses visions lui enseignaient. Ces « récitations » constituent le Coran (al-Qur’an).

Expulsés de la Mecque par les Païens en 622, Muhammad et ses (environ) 200 fidèles, s’exilèrent (hégire) à Médine avec deux changements majeurs :

  • orientation politique, noyau d’un état théocratique qui deviendra exclusivement régi par le Coran lorsque ce dernier sera figé à la mort du prophète Muhammad,
  • attitude réservée par rapport aux «gens de l’écriture », juifs et chrétiens, réputés avoir dévoyé les vrais doctrines ou bien avoir fait leur temps.

 

Le contenu de l’enseignement Coranique repose sur un fond religieux des plus simples : unicité du Dieu avec une mise en œuvre également simplifiée : profession de foi,  prière cinq fois par jour, paiement de l’impôt de bienfaisance (zakat), jeûne du ramadan, pèlerinage à la Mecque. Le seul péché irrémissible est le shirk, le crime d’associer à Dieu d’autres divinités.

 

Se faire Musulman est donc aisé (ce qui en fit le succès auprès des pauvres et simples d’esprit), il suffit de réciter la shahada : «il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et Muhammad est son prophète », en sortir très difficile, l’apostasie est encore de nos jours fréquemment punie de mort, quelle religion tolérante..

 

Conçue sur un terreau occupé par les Juifs et les Chrétiens, révélée dans une langue (l’Arabe) dont elle est consubstantielle, à un homme à la biographie incertaine (les plus anciennes datent du IXème siècle), la religion mélange système social, politique, juridique revenant sans cesse à la source (ce qui est écrit) ainsi qu’aux diverses interprétations qui en ont pu être faites.

 

Il est remarquable que le Coran, selon les textes, ait été révélé aux Arabes pour que ceux-ci également (tout comme les Juifs puis les Chrétiens) aient leur livre sacré en leur propre langue (moi aussi, moi aussi….). D’aucun emploieraient le vocable de complexe d’infériorité surcompensé, nous ne nous y risquerons pas.

 

La religion étant révélée ne peut être en erreur. On assiste donc sur une multitude de sujets à de drôles de contorsions : il ne faut pas faire de l’argent avec l’argent, on invente donc la finance Islamique ; les constitutions prévoient l’égalité de tous les citoyens mais la femme n’est et ne sera pas l’égale de l’homme, on limite le nombre d’épouses ; le sang est tabou, mais une transfusion sera licite car il s’agit de protéger une vie ; etc….

 

 

 

Islam et science

 

Pour certains, au début fût le verbe, pour d’autres le grand glissement sémantique : l’Islam se range clairement dans la seconde catégorie avec une revendication « scientifique » qui outrepasse notablement la réalité.

 

Retour historique

 

En matière de Mathématiques, deux points éclaireront notre propos :

  • C’est en Inde lors des premiers siècles de l’ère Chrétienne que l’on trouve les premières traces des chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 actuels sans qu’ils soient utilisés dans un système positionnel ; le système devient positionnel et inclue le zéro (un cercle comme dans les traités d’astronomie Grecque) vers le VIIème siècle. Ce système est popularisé (et non pas inventé) par les Arabes Occidentaux vers le IXème siècle.
  • Le terme d’algorithme tire son origine du nom du mathématicien et géographe Persan Al Khwarizmi (env. 820) dont le traité d’arithmétique servit à transmettre à l’Occident les règles de calcul sur la représentation décimale des nombres, découvertes par les mathématiciens de l’Inde.

Divers algorithmes étaient de fait connus dès l’Antiquité parmi lesquels, notamment :

  • les règles de calcul de longueur d’arcs et de surfaces des civilisations égyptienne et grecque ;
  • plusieurs méthodes de résolution d’équations en nombres entiers, à la suite des travaux de Diophante d’Alexandrie au IVème siècle ;
  • l’algorithme d’Euclide (env. 300 av. J.-C.) qui permet le calcul du plus grand commun diviseur de deux nombres ;
  • le schéma de calcul du nombre π dû à Archimède.

 

En matière de géographie, les travaux de Ptolémée furent sur le devant de la scène car il s’agit de mettre en parallèle la représentation terrestre présentée par Ptolémée avec (et, si possible, accordée à) celle que donnait le Qur’an, livre de la Révélation. Un tournant majeur se situe au début du Xème siècle, lorsqu’un Iranien, al-Balhi, décide de composer un atlas des pays d’Islam et d’eux seuls : avec lui et ses successeurs, l’espace de la géographie sera donc strictement musulman, bravo.

 

La médecine de Galien (200 après JC) est aussi complète à la chute de Rome qu’on la retrouvera à la Renaissance, chirurgie, hygiène, analyse diagnostique, pharmacopée, soins… tout y passe sauf que privé de la possibilité de disséquer des cadavres humains (sacrés curés), il se rabat sur les animaux – ses approximations ne seront levées qu’en 1550 par Vésale (sous la protection de la République de Venise, de fait hors juridiction Papale).

Rhazes (Perse), Averroes (Cordoue), Avicenne (Perse), Hunya (Chrétien), Ishaq ben Sulayman (Juif), autant de grands noms de la médecine, tout juste passeurs en fait des écrits d’Hippocrate de Galien…

 

Que lit-on fréquemment ? Les sciences, mathématiques, géographie,  médecine doivent des apports significatifs au monde Arabo-Musulman, autant pour les Grecs, la Perse, l’Inde, les Chrétiens et les Juifs, autant pour la vérité historique…

 

Rien de vraiment exceptionnel en fin de compte, les rapports passés de l’Islam et de la science, se résument en fin de compte à :

  • un gigantesque effort de traduction en Arabe (la langue du Coran) des productions Grecques,
  • un rôle de passeur temporel et géographique des marchands Arabes et Perses (ces derniers étant progressivement mis au ban),
  • quelques applications pratiques (très peu de théorique notable) sans commune mesure avec les revendications de religion éclairée.

 

 

Quid de nos jours ?

 

Deux éclairages complémentaires et attristants :

 

  1. Rapport de la Banque Islamique de Développement (repris par l’Unesco)

 

« Les 57 pays à population majoritairement musulmane ont sensiblement 23 % de la population mondiale, mais moins d’1 % des scientifiques et font à peine 0,1 % des découvertes originales mondiales liées à la recherche chaque année. Ces pays ont un pourcentage négligeable des dépôts de brevets aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Il est encore plus préoccupant que la main d’œuvre consacrée à la recherche et développement dans ces pays constitue seulement 1,2 % de l’ensemble de la main d’œuvre allouée aux sciences et technologies”.

(Les ratios sont similaires pour les pays Arabo-Musulmans stricto sensu, ce en dépit de niveau de pétro-dollars élevés à l’inverse du Pakistan ou de l’Indonésie).

2. Transcription de propos tenus par Mr Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Président du Conseil Français du Culte Musulman & Médecin, répondant à la question : « Comment l’Islam voit-il l’embryon ? »

 

« Nous avons dans le Coran une description assez complète de l’embryogenèse et d’un certain nombre de phases qui sont décrites de manière classique. Nous avons des termes consacrés aux différentes phases du développement embryonnaire qui commence dès le stade de la fixation de l’œuf, du blastocyste, à la nidation durant la deuxième semaine du développement et que se développe une circulation utéro-placentaire. Phase liquide de « Nutvah » en Arabe qui correspond à la fécondation ovulaire, c’est-à-dire à l’union des gamètes mâles et femelles, c’est la fusion des deux noyaux ou le zygote. La deuxième phase est la « Hallara », traduit par adhérence, caillot, sangsue, cette fonction se développe pendant la deuxième semaine et se traduit par jonction. La troisième phase et je terminerai là la description Coranique de l’embryon, on parle de  « Mudrah », la substance mâchée qui correspond à un embryon de quatre semaines avec ses trente « Sumit » qui développeront les structures ostéo-musculaires, les segments et les régions du squelette. »

Il faut bien reconnaitre que le Coran représente une source inépuisable d’enseignements….. Avis aux amateurs.

Et en matière de théorie de l’évolution ?

 

La science est par nature faillible et ne réclame en aucun cas la vérité absolue. Or, le doute, même s’il est mentionné dans certaines pages du Coran, ne doit aboutir qu’au monothéisme définitif donc la soumission à Allah par l’acceptation des propos attribués à Mohamed son prophète. La théorie de l’évolution est exclue par l’Islam car en conflit avec le caractère sacré de la révélation, nommément la création de la descendance d’Adam par Allah. De sorte, on ne peut rien attendre de l’analyse scientifique sur ces sujets. CQFD.

 

L’Arabie Saoudite, entre autres, n’enseigne que la vision créationniste dans ses universités….

 

Pour les autres, c’est au mieux l’habituel argumentaire de mauvaise foi : «la création d’Adam par Allah est écrite dans le Coran mais il faut la prendre au sens figuré » par contre lorsqu’il s’agit de lapider une pauvre femme qui a fauté, d’exécuter des apostats, d’interdire l’athéisme le sens figuré est bien vite oublié… ma main gauche ignore ce que fait ma main droite…

 

 

Et c’est pour cela que, en dépit des ingénieurs d’Airbus, en dépit des motoristes de Rolls Royce ou Snecma, en dépit des systèmes électroniques sophistiqués, en dépit de siècles d’évolution scientifique et technologique à Londres, Paris, New York, Berlin, sur l’écran de l’avion apparaît au décollage : « rendons grâce à Allah qui fait que cet avion vole ».

 

 

 


 

Pastafarisme

21 Pasta

 

Une brève introduction

 

Révélée en 2005, cette religion récente (mais qu’est-ce que mille ans à l’échelle de l’humanité ?) propose l’existence d’un dieu créateur surnaturel, le Monstre en spaghettis volant (dont l’apparence est celle d’un plat de spaghettis et de boulettes de viande) invisible et indétectable qui a créé l’univers après avoir beaucoup bu. L’ivresse du Monstre est la raison pour laquelle la Terre n’est pas parfaite.

Le paradis abrite des usines high-tech, des volcans de bière et une usine de stripteaseurs/euses selon les goûts de chacun. L’enfer pastafarien est similaire sauf que la bière est éventée et que les stripteaseurs/euses ont des infections sexuellement transmissibles.

Les pirates furent les premiers pastafariens, des êtres absolument divins ; l’image des pirates présentés comme des voleurs et des hors la loi résulte de la désinformation répandue par les théologiens Chrétiens alors qu’en réalité, les pirates sont des explorateurs pacifiques répandant la bonne Parole (et qui distribuaient des friandises aux petits enfants).

 

Pastafarisme et science

 

En ce qui concerne la théorie de l’évolution, toutes les preuves en suggérant la validité ont été créées par le Monstre pour induire en erreur et tester la foi des pastafariens. Lorsque des mesures scientifiques sont effectuées comme la datation par le carbone 14 ou le séquençage ADN, le Monstre en spaghettis volant en change les résultats avec son appendice nouillesque.

 

Tout comme les deux grandes religions monothéistes observées précédemment, la Pastafarisme postule que corrélation implique causalité : comme illustré ci-après, le réchauffement planétaire est une conséquence directe du nombre décroissant de Pirates depuis les années 1800.

22 PiratesVsTemp

On notera au passage que la Somalie a les plus basses émissions de gaz à effet de serre de tous les pays….. puisque le golfe d’Aden a le nombre le plus élevé de pirates. Ramen.

 

Synthèse des trois religions étudiées au regard de l’approche scientifique et de la théorie de l’évolution:

  • Pour chacune, le grand nombre de catastrophes, de famines et de guerres est provoqué par le manque de respect et de prières envers leur divinité (grande peste, tsunami qui épargne les mosquées etc…)…
  • Etant passées de plusieurs à un seul, ce qui est un début (quoique le côté consubstantiel permette à certains d’en caser plusieurs en un..), l’étape suivante est le zéro, mais ça coince, pas tant d’un point de vue théologique mais bien plus en matière de contrôle social et financier. Le zéro absolu fait peur, le véritable ennemi n’est donc pas le monothéiste concurrent mais l’athée…
  • Les théories mathématiques permettent à des individus bêtes comme leurs pieds de communiquer en utilisant des téléphones portables – les voies du Seigneur – c’est normal ; la biologie permet de soigner leurs déficiences, c’est normal ; et ce sont les mêmes individus qui se permettent, au nom de leur Dieu, de leurs principes, de décréter ce qui est bon ou pas pour moi, la manière dont je dois m’habiller, ce que je dois manger, et avec qui je peux me marier, c’est normal…..
  • La démarche scientifique est délibérément exclue du champ de la religion et ne doit pas s’y appliquer, challenger la non-utilisation de l’électricité le jour du Shabbat est un manque de respect…
  • Les religieux créationnistes (oh combien nombreux) sont pour la plupart ignares en matière scientifique, confondent faits et théorie, un exemple sera bien plus parlant :

Faits

Le larynx et le pharynx sont disposés chez l’homme de manière inverse au « bon sens » nous conduisant à nous étouffer par inadvertance

L’homme et le chimpanzé ont 99% d’ADN commun

Théorie

Larynx/Pharynx

Option 1 : évolution à partir des poissons (cf Cuvier dès 1838)

Option 2 : Dieu s’est planté ou bien avait une idée derrière la tête

2. 99% ADN

Option 1 : existence attendue d’un co-ancêtre commun hominidé / chimpanzé / bonobo

Option 2 : Dieu a réutilisé de l’argile souillée par du sang de chimpanzé pour façonner Adam (et donc le sang est impur etc, etc….)

 

En dépit de cela, nos excités de la calebasse s’arrogent le droit de discutailler la validité des théories au motif que la leur a été « révélée », qu’il s’agit d’un « mystère », que c’est « écrit »….

 

Que la Sainte Nouille soit avec vous et avec votre esprit, Ramen.

 

Avec nos meilleures pensées, Santé et Sobriété,

Stéphanie / Christophe

Koh Lippe – Thaïlande

6 Février 2016

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